La jungle du monde professionnel

Publié le 23 Avril 2014

Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, j’ai envie (besoin ?) de parler vie professionnelle. Je ne sais pas si tu le vis comme ça, mais pour moi il s’agit vraiment d’un autre monde, bien distinct de ma vie perso. Non pas que j’ai décidé un beau jour de séparer les deux. Mais j’ai simplement compris que je ne pouvais pas être tout à fait la même personne, aussi entière, sincère et émotionnelle que dans la « vraie vie ». Pour arriver à cette conclusion, je me suis prise des portes dans la gueule et  des coups dans l’estomac. Rien qui ne laisse de marque visible, seulement des bleus à l’âme.

 

Je reconnais que je n’étais pas taillée - et encore moins préparée - pour le monde du travail. Naïvement, je pensais que ça allait être simple. Oui je sais, tout comme la parentalité. Que veux-tu, il semblerait que je vivais sur un arc-en-ciel dans ma vie antérieure. Donc j’étais à mille lieux d’imaginer les coups bas des collègues, la manipulation des chefs, les magouilles de la direction. Je me suis donc faite avoir un certain nombre de fois. Alors non, je ne suis pas stupide au point de subir sans broncher plusieurs fois les mêmes supplices. Disons plutôt que, dans une situation inconfortable, tant que la balance bénéfices / préjudices est positive, la motivation n’est pas vraiment au rendez-vous pour chercher à changer de situation.

 

Et en bonne travailleuse à la conscience professionnelle affutée, j’ai donné, encore donné, fait confiance, un peu trop. Bon, mon histoire est des plus banales, et même si toutes mes expériences n’ont pas été des plus agréables à vivre, je n’ai pas non plus subi des choses trop humiliantes ou traumatisantes. Seulement embarrassantes et déstabilisantes, qui m’ont forgé une carapace. Et je trouve ça vraiment dommage, d'être obligée d'endosser un costume étriqué.

 

Oui, ce monde de crabes m’insupporte, y compris quand il s’agit des autres.

 

Comment trouver ça normal qu’untel fasse le (sale) boulot de son chef, lequel récolte non seulement les lauriers, mais aussi le salaire qui va avec ? Bon OK, un peu les emmerdes aussi, mais ce n’est que justice, non ?

 

Comment ne pas s’énerver fasse à cette direction qui met des bâtons dans les roues aux personnels qui demandent simplement un temps partiel de droit ? Comment leur faire comprendre qu'on est davantage disponible au boulot quand on a l'esprit libéré de ce qu'il reste à faire à la maison, qu'on sait nos enfants dans des conditions acceptables ?

 

Il faut croire que là-haut, dans leur tour dorée, ils voient le monde d’en bas avec des yeux différents. Il paraîtrait que tout salarié qui se respecte ne serait bon qu’à profiter du moindre avantage, à trouver toutes les combines possibles pour ne pas faire le job. Nous serions donc tous des paresseux qui devraient seulement être reconnaissants ? Voilà ce que pense sans doute ce patron qui impose de badger. Pas pour compter les heures et proposer des récup’, non, quelle idée. Seulement pour contrôler et distribuer des avertissements. Contrôle, autorité, obéissance… Voilà où nous en sommes encore dans bon nombre de boites.

 

Il est effrayant de voir à quel point la mentalité peut changer lorsqu’on passe de salarié à chef d’entreprise. Mon ancien chef était de ceux-là. Dans son discours, lui qui était salarié encore une paire d’années plus tôt, on entendait son incompréhension face à nos demandes légitimes. Il aurait fallu qu’on le remercie plutôt, de la chance qu’il nous donnait. On ne se rendait pas compte, apparemment, de tout ce que nous avions. Pourtant, dans les faits, les chambres d’hôtel partagées entre collègues, les frais de déplacements pas toujours remboursés ou encore les missions pas franchement en adéquation avec nos CV, sans compter les paies loin d’être à la hauteur de nos compétences, voilà ce que nous subissions. Et sans trop nous plaindre encore.

Source : http://www.access-com.fr/blog/do/tag/resoudre-un-conflit-au-travail/

Source : http://www.access-com.fr/blog/do/tag/resoudre-un-conflit-au-travail/

Quand je vois tous ces gens qui mettent leur égo de côté, qui donnent de leur temps, de leur énergie, au service d’une entreprise, sans contrepartie ou presque, je n’ai pas vraiment l’impression que l’angle de vue soit le même.

 

Et quand je vois mes proches qui se heurtent à un mur lorsqu’ils demandent une réorganisation de leur temps de travail, de façon à minimiser l’impact que pourrait avoir leur projet perso sur leur boulot, je vois rouge. C’est à nous de nous débrouiller pour arriver à l’heure, et tant pis si ça suppose de lever nos mômes à des heures indécentes. Mais faire un effort pour nous accompagner, nous encourager dans notre démarche pour gagner en efficience ? Même pas dans nos rêves. Parce que, tu comprends, s’ils le permettaient à un, tous les autres viendraient demander aussi. Forcément. Nous sommes des moutons de Panurge. Des moutons qui cherchent une bonne excuse pour glander davantage…

 

 

Oui tu l’as compris, je suis en colère. Le système actuel est vraiment pervers et manque cruellement d’altruisme. Tu me trouves vraiment naïve de penser qu’une boite pourrait fonctionner différemment ? Peut-être, mais certaines y parviennent, et en motivant leurs salariés elles gagnent en efficacité, donc en rendement.

 

Je ne crois plus au capitalisme d’aujourd’hui. Je crois qu’il est temps de tourner la page et de s’essayer à d'autres choses. Bien sûr, il y a très peu de personnes qui sont prêtes à ça. Mais il me semble qu’il y en a de plus en plus qui imaginent et vivent déjà leur job autrement. En visant non plus un salaire mirobolant, mais une meilleure qualité de vie. Le nombre de mompreneuses montre que les choses évoluent, que les valeurs se transfèrent. Alors je veux y croire, et pourquoi pas y participer aussi, à ma façon.

Rédigé par Aloès

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Jane 11/06/2014 04:27

J'ai vécu l'enfer au travail, à un point tel que j'ai arreter de travaillé en fevrier 2014 mais j'ai été changeuse dans ma malchance, la direction administrative a changé et maintenant je vis le paradis sur terre!! courage!

Aloès 11/06/2014 12:23

Je connais beaucoup de personnes en conditions de travail vraiment limites, ça fait peur ! Heureuse pour toi que les choses aillent mieux ;)

Aloès 23/04/2014 20:16

Non, pas évident et pas vraiment adapté à nos modes de vie je trouve. Sans parler du manque d'humanité...

Wondermômes 23/04/2014 10:07

Je suis devenue mompreneuse en partie pour ça ;-) le monde du travail n'est pas évident c'est clair...