C'était vraiment mieux avant ?

Publié le 27 Février 2015

Mon récent week-end au ski, tu l’auras compris, je l’ai passé en compagnie de personnes jeunes. Plus que moi, j'entends. Quand j’avais leur âge, ils étaient tout minots. Pourtant, le feeling est bien passé entre nous. Je ne me suis pas sentie vieille croute. Juste un peu décalée avec mon mode de vie familial alors qu’ils expérimentent la colocation et les premiers salaires. Mais je n’ai pas senti le poids générationnel. J’ai entendu leurs états d’âme, leurs ressentis, et je les ai trouvé émouvants, et vivants. J'ai apprécié leur compagnie, leur générosité, leur fraicheur.

Puis arrive le deuxième effet kiss-cool. Celui qui te renvoie 10-15 ans en arrière, quand toi aussi tu vivais dans un appart, que tu écoutais du Goldman en boucle et que tu pleurais sur ton dernier amour déchu. Quand tu avais la vie devant toi et que ça te faisait une belle jambe. Quand tu avais toute liberté de faire ce qui te chantait, et que tu en profitais. Quand tu n’avais aucun compte à rendre et ta seule personne comme responsabilité.

C'était vraiment mieux avant ?

Malgré les apparences, je ne suis pas en train de regretter ce temps-là. Bon, je ne crache pas sur un petit retour en arrière de temps à autre, histoire de profiter de cette liberté totale, où tout est facile et spontané, c'est vrai. Et sans doute que je les apprécie d'autant plus qu'ils me manquent au quotidien. Par exemple, je me suis extasiée qu'on prenne soin de moi en me préparant un chocolat chaud au retour du ski. Et oui, d'habitude c'est moi qui donne de l'attention, et c'est tellement bon d'en recevoir sans rien demander !

Pourtant ces années-là, je les ai vécues, et à fond même. J’ai été heureuse, malheureuse, à ma place ou complètement à l’ouest selon les circonstances. J’ai vécu de belles amitiés, de belles amours, toutes ont contribué à me définir aujourd’hui.

Peut-être qu'alors, ma vie d’aujourd’hui ne m'aurait pas fait rêver. Mais voilà, je sais d’où je viens, et je vois ce que je suis devenue. Cette jeune fille influençable, naïve et insouciante s’est mue en une femme déterminée, optimiste et combattante. J'ai appris à faire des choix, il m'a fallu prendre position, ne serait-ce que pour répondre aux "pourquoi" de mes enfants. Si ma jeunesse a ressemblé à une barque flottant au gré des vagues, il faut croire que la maternité m’a offert des rames. Bien sûr, il a fallu apprendre à naviguer, et ça n’a pas toujours été une partie de plaisir. Mais c’est cet entraînement-là qui m’a le plus appris, depuis la volonté et jusqu'à l’énergie.

Quand je discute avec ces collègues plus jeunes que moi, je ne me sens pas en décalage. J'aime les écouter, sans jugement ni conseil. J'aime les entourer comme une grande soeur et partager leurs joies et leurs peines. J'aime retrouver un bout de moi qui ne demande qu'à exister. Ca me donne de l'élan pour avancer, de la fraicheur pour savourer, et je renoue avec mon âme d'enfant pour rigoler davantage avec les plus-si-minis.

Rédigé par Aloès

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teparlerdemavie 27/02/2015 13:43

Très bel article, très bien écrit (l'analogie de la barque est magnifique). Et j'aime par-dessus tout, c'est qu'il n'y a pas de rancoeurs derrière tes mots bien au contraire et ça fait un bien fou.
Bise

Aloès 27/02/2015 13:48

Merci de ton message ! J'ai justement fait attention aux mots choisis parce que je voulais rendre compte de mon ressenti mais surtout sans blesser personne. Tant mieux si ça se sent ;)

Au petit bonheur 27/02/2015 13:25

Comme c'est bien écrit ! A chaque âge ses plaisirs mais le contact avec les autres âges nous autorise à retrouver cette part de nous ensevelie sous toutes les autres vies vécues depuis.

Aloès 27/02/2015 13:50

Merci beaucoup ! Oui, je crois que chacun à des choses à apporter, que ce n'est pas une question d'age mais d'émotion et de ressenti. Je n'en avais peut-être pas vraiment conscience avant, ces moments passés m'ont fait beaucoup de bien.