Etre mère – Jamais à l’abri de (belles) surprises

Publié le 4 Février 2015

Dire qu’on connait nos enfants par cœur serait une erreur. Ils ne sont pas toujours là où on les attend, par contre ils sont souvent là où on ne les attend pas. Et c’est tant mieux ! Moi qui aime la nouveauté, les surprises et les émotions, je suis servie. Rien que ces derniers mois, les plus-si-minis ont eu l’occasion de m’épater à plusieurs reprises, dans des contextes tout à fait différents. Je suis émue de découvrir à quel point ils peuvent être fabuleux, ceux-là même qui me font régulièrement tourner en bourrique.

 

Cette année scolaire a été source de changements pour Bull2Boy. Il suit désormais le rythme scolaire de sa sœur : périscolaire matin et soir et cantine tous les midis au lieu d’un jour sur deux comme avant, lorsqu’il passait du temps chez SuperNounou. Sans compter le changement de rythme scolaire avec l’école les mercredis matin, bien sûr. Bref, pour lui c’était à la fois une grande fierté de passer du côté des grands, et une certaine appréhension de voir l’autre côté du miroir. Il connaissait le périscolaire pour y passer chaque jour chercher sa sœur, mais ce n’était pas encore son univers. Désormais, il est tout à fait à l’aise, il a ses marques, ses copains et surtout le gros tas de Légo qui l’occupe systématiquement. Et alors qu’il se plaignait beaucoup de la cantine au premier trimestre, maintenant il est content d’y aller. Quand je lui demande le meilleur et le pire moment de sa journée, il trouve seulement du meilleur. Mon p’tit dernier a grandi, il a définitivement lâché les bras de son père, il avance en toute autonomie.

Aux vacances de Toussaint, là encore, grande nouveauté pour Bull2Boy : la découverte du centre de loisirs. A nouveau, un mélange de joie et de peur s’est manifesté. Le premier matin, il s’est blotti contre moi et j’ai vu ses grands yeux se remplir de larmes. Mais il est allé courageusement vers son groupe et je me suis éclipsée, légèrement tendue de savoir comment il allait vivre sa journée. MissTer, quant à elle, retrouvait rapidement son groupe. Je l’imaginais bien faire sa vie sans se préoccuper de son frère, comme à son habitude. Quelle ne fut pas ma stupéfaction ce soir-là. A peine dans la voiture, Bull2Boy a commencé à remercier sa sœur, m’apprenant qu’elle était venue le voir plusieurs fois, le voyant mal à l’aise, au bord des larmes. Elle l’a pris sous sa coupe, l’a aidé au self, l’a laissé rester avec elle tout au long du grand jeu de l’après-midi. Bref, elle a joué les grandes sœurs protectrices, elle qui dit à qui veut l’entendre qu’elle est bien contente de ne pas partager la même cour d’école que son frère. Honnêtement, j’en suis restée comme deux ronds de flan. Je n’aurais jamais imaginé autant de prévenance de sa part envers son frère. Quelle émotion pour une maman de découvrir le lien fraternel de cette façon ! Et du coup, ça aide aussi à supporter leurs éternelles disputes. Parce qu’au fond, ils s’aiment sacrément fort ces deux-là.

 

Souvenir souvenir

Souvenir souvenir

Plus récemment, alors que l’humeur est très joyeuse au retour de l’école, une fois n’est pas coutume, MissTer me glisse entre autres choses qu’elle s’est faite tapée par des garçons à la récré.

Quoi ? Qu’est-ce que tu viens de dire ?

En mode légèrement hystérique

Oui, là forcément, mon cœur s’emballe, qui a osé toucher à ma fille ?! Alors que j’essaye de comprendre le pourquoi du comment, Bull2Boy manifeste son besoin d’attention comme il sait si bien le faire, en émettant des ultra-sons insupportables. Par-fait. On repousse donc la discussion au coucher, histoire d’être totalement disponibles l’une pour l’autre. La soirée se déroule sans accroc, mes pensées retournant inexorablement vers MissTer, imaginant le pire.

Vient enfin le moment de se poser. Je lui demande alors de tout me raconter depuis le début, et je prends des notes (on ne sait jamais, ça pourrait servir) (faut que j’arrête de regarder Engrenage, pendant un instant je me suis prise pour un flic, en plus gentil que ceux de la série). Il s’agit en fait d’un jeu qui a mal tourné, d’un gamin qui a régulièrement des accès de colère et s’en prend à ceux qui lui tombent sous la main. Ce jour-là, c’était elle, qui avait la malchance d’être amie avec la cousine du garçon (tu me suis toujours ?).

Ce qui m’a bluffé dans tout ça, c’est la force de caractère de ma fille. Non seulement elle ne s’est pas laissée faire (le garçon avait quand même rameuté tous ses copains pour lui courir après), mais elle a aussi réussi à se contrôler. Elle m’a expliqué qu’elle était en colère comme jamais, encore plus qu’avec son frère, mais qu’elle avait réussi à ne pas transformer cette rage en coups envers les autres. Elle s’est réfugiée dans les toilettes, puis vers les instits, le temps que la récré se termine. Je vois bien dans son attitude qu’elle a eu peur, vraiment. Elle a reçu des coups et entendu des mots désagréables, et elle ne comprenait pas pourquoi ce garçon s’en prenait à elle alors qu’ils jouaient au loup quelques minutes plus tôt. Une fois en classe, elle s’est dit qu’il valait mieux ne plus y penser et passer à autre chose. Ce n’est qu’au soir qu’elle y a repensé et s’est dit que ce serait bien de m’en parler.

Elle m’exprime que ça lui fait du bien de le dire, mais qu’elle a peur que ça recommence le lendemain. Nous passons un moment à discuter, trouver des solutions, voir comment désamorcer les choses si nécessaires. Elle comprend très bien qu’avertir la maitresse est important, mais que ça pourrait aussi lui attirer plus d’ennuis (que le garçon veuille se venger par exemple, en devenant encore plus violent et à l’écart des adultes). Je lui propose différentes réparties qui pourraient éloigner le garçon. Il faut dire que je suis inspirée, j’ai lu dernièrement beaucoup de billets sur le harcèlement à l’école, dont celui-là.

Et puis je suis sereine. Suite à cet échange, je mesure à quel point ma fille a confiance en elle, sait ce qu’elle vaut. Ce n’est pas le premier gamin venu qui va réussir à l’écraser. D’ailleurs, depuis cet épisode, aucun autre n’est à déplorer. Et je suis extrêmement fière de MissTer et de sa force de caractère, que je ne qualifierai plus jamais comme un défaut mais comme une grande qualité.

 

Mes plus-si-minis grandissent désormais aussi sans moi, et je vois éclore de bien belles personnes. A quand la prochaine surprise ?

Rédigé par Aloès

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babidji 05/02/2015 21:09

moi aussi je suis trop contente quand Bouchon me dit que sa grande soeur a traversé le réfectoire pour venir lui faire un bisou :-)
coup de bol ma fille n'a jms été encore victime d'un complot et de l'acharnement d'un gamin mais comme toi j'aurais eu envie d'aller lui casser la figure à ce mioche ;))) merci pour le etre mère :-)

Aloès 06/02/2015 16:32

Ca faisait longtemps que j'avais envie de revenir aux être mère, surtout avec un sujet qui me tenait à coeur ;)

working mum 04/02/2015 18:48

c'est fou de les voir évoluer... il faut du temps et être bien attentif!

Aloès 04/02/2015 20:41

Oui, comme un parent peut l'être je crois, et ne pas les enfermer dans des étiquettes aussi ;)