Etre mère – Pour le meilleur et pour le pire

Publié le 20 Mai 2015

Quand tu te maries, tu le sais bien que dans le package il y aura du glamour et du tue-l’amour. T’es prévenu(e) que ça ne sera pas tous les jours le monde des licornes s’abreuvant au pied de l’arc-en-ciel. Tu t’y prépares plus ou moins, c’est dans un coin de ta tête. Pour dire, le jour J dans le texte que j’avais écrit à mon cher et tendre, j’abordais déjà le côté sinueux de la route qui nous attendais. Je savais.

Quand tu enfantes, tu lis partout que ta vie n’en sera que plus magique, merveilleuse, fantastique. Tu es pleine d’espoir, gonflée à bloc aux hormones et à l’ocytocine, tu n’aspires qu’à vivre l’idéal qu’on te promet. Sauf qu’une fois le bidon dégonflé et les hormones en partance, c’est une toute autre histoire qui t’attend.

Alors bien sûr, le magique, l’indescriptible, le merveilleux est de la partie. Oui, c’est inexplicable de s’attacher (parfois) si rapidement à ce petit être sans défense. D’accord, c’est extraordinaire cette vague émotionnelle qui te submerge et que tu n’attendais pas si haute.

Mais pour le reste, soit on t’avait prévenue mais du bout des lèvres, soit tu n’avais pas mesuré l’importance de ces petits détails qui n’en sont pas. Genre les suites de couche, la fatigue qui te plombe, l’incompréhension face aux pleurs du divin enfant. Les questions qui te submergent, le sentiment d’incapacité qui t’écrase, le tout dilué dans un plus ou moins prégnant baby-blues. Quant au soi-disant instinct maternel (ou parental), on repassera.

Mais bon, je ne vais pas m’étaler sur le sujet, je l’ai suffisamment fait dans mon précédent blog. Aujourd’hui les enfants ont grandi. Mes plus-si-minis sont en âge d’exprimer leurs (nombreuses) demandes en mots compréhensibles (la plupart du temps). On s’est mutuellement apprivoisés, on connait les forces et les faiblesses les uns des autres. Ils savent quoi demander à leur père plutôt qu’à leur mère, quand il vaut mieux éviter d’approcher l’un ou l’autre. On sait quel ton employer pour atteindre leurs oreilles et à quel moment on peut utiliser l’ironie sans risquer de déclencher un tsunami.

Etre mère – Pour le meilleur et pour le pire

Et pourtant, même dans une relation finalement apaisée et (quasiment) bienveillante, il arrive qu’on perdre encore pied. Oui, tu l’as senti, on traverse une zone de turbulences. Et comme elle dure déjà depuis plusieurs semaines, j’ai un peu peur de partir en vrille sous peu. Eurêka et moi faisons donc face à MissTer et Bull2boy, respectivement 9 et 6 ans, qui en veulent à notre peau. Leur arme favorite ? Elle a choisi le râle intempestif, tandis qu’il a de vraies dispositions au chouinage répétitif. Il est désormais impossible de passer un repas à peu près zen. Ces derniers soirs ça commençait par le traditionnel

Y a que ça à manger ? Nan mais tu fais toujours des trucs trop beurk aussi.

Et ce n’est même pas la peine d’argumenter en rappelant les burgers maison et la crème au chocolat sur laquelle ils s’extasiaient la veille, leur mémoire est particulièrement sélective. Et ils ne comprennent vraiment pas pourquoi tu as du mal à retrouver le sourire après toute une discussion à base de :

On mange mieux à la cantine qu’ici.

Alors que justement, depuis quelques temps tu te donnes du mal tous les soirs pour cuisiner des petites choses variées et sympa (pour un palais adulte, apparemment). Bon, j’admets que je cuisine avec plaisir. Mais ce n’est pas une raison pour cracher dans la soupe, si ?

Et si jamais tu as l’idée saugrenue de te casser le cou (restons polis) pendant plusieurs jours pour faire à l’un d’eux une superbe chambre selon SES goûts et envies du moment, nulle besoin d’attendre des remerciements. Après tout, c’est ton rôle de parent de donner le meilleur à ton enfant, non ? C’est l’opinion sans appel de notre aînée.

Le cadet reconnait mieux nos efforts, ouf. Par contre il est devenu fortiche en larmes de crocodiles avec cris perçants qui vont bien quand il n’a pas ce qu’il veut. Genre pour qu’on l’aide à s’habiller, pour qu’on lui retrouve ses ciseaux, pour qu’on aille faire du roller, et j’en passe et des meilleures. D’ailleurs son mot préféré du moment c’est IMMEDIATEMENT ! Voilà voilà. Ce qui devient d’ailleurs très drôle quand on lui suggère d’employer un ton plus agréable et qu’il répond d’un voix douce :

Maman que j’aime à la folie jusqu’à l’univers et le retour, on peut aller faire du roller, s’il te plait, IMMEDIATEMENT ?!

Nous qui pensions être à peu près peinard jusqu’à l’adolescence, on a revu notre copie. D’ailleurs on a aussi remis à plat les règles de la maison. Mais même en les faisant participer au débat, même si on retient leurs idées, on ne peut pas dire qu’ils se sentent hyper investis pour mettre la table quand c’est leur tour. Pour sauter sur la tablette les jours prévus, là par contre il y a du monde.

D’accord, les problématiques de prises de tête changent quand ils grandissent, et la communication et l’humour aidant, c’est un peu plus facile de démêler les nœuds. Pour autant, certains week-ends ou soirées sont plus usants que d’autres, surtout lorsqu’on a l’impression de se plier en quatre sans parvenir à contenter tout le monde. Si encore on ne faisait pas d’effort, on pourrait comprendre leurs revendications. Mais non, il en faut toujours plus, et parfois nous parents, on en a juste ras-le-bol.

Quand je parle avec des collègues sans enfant, je dois donner l’impression d’une mère bipolaire, faisant de ma progéniture tantôt la septième merveille du monde, tantôt des Godzilla affamés. Et c’est à peu près ça. Je les aime autant qu’ils m’épuisent.

Alors oui, les enfants sont merveilleux, attendrissants, formidables, étonnants et deviennent notre raison de vivre. Les miens m’ont fait grandir ô combien, ils sont mon inspiration et ma raison de me dépasser. Il n’empêche que très souvent, ils s’avèrent également envahissants, assourdissants, indomptables et caractériels. Et c’est plus facile à supporter quand on y est préparé…

Alors, doit-on garder pour nous nos déboires ou avertir les futurs parents que la vie avec enfants n’est absolument pas un joli vallon où coule une rivière paisible ?

 

C’était ma participation au rendez-vous de Babidji (admire son super chouette nouveau logo)

Etre mère – Pour le meilleur et pour le pire

Rédigé par Aloès

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babidji 20/05/2015 18:02

je crois qu'on fait précisément partie de la même espèce de mère ! moi c'est tout pareil ! au point que les syndromes sont les mêmes chez mes gosses, ça veut dire que c'est l'aînée qui n'est jms contente et qui oublie en une seconde le truc géniale de la minute d'avant ou de la veille, et c'est la petite qui est toujours à fond les ballons mais qui ne sait pas gérer ses émotions et qui cumule les caprices ! comme tu dis c'est loin d'être de tt repos et ça me laisse présager le pire pr l'adolescence ! sans dec à 7 ans Pimprenelle est une ado en puissance et tyrannique j'ai l'impression ! franchement il faut prendre notre mal en patience et je me dis à chq fois que plus tard je regretterai ces "bons" moments contrairement à ce qui nous attend ! oui je ne suis pas du tt optimiste qd il s'agit de gosses ;) merci pr ta participation :) c'est bon de vous retrouver les filles !

Aloès 21/05/2015 08:44

Oui, il y a des signes de pré-ado ici aussi, dont l'insolence ... Mais je préfère me dire que ce qu'ils font maintenant ils ne le feront pas à l'adolescence, qu'ils prennent juste de l'avance (je cherche le positif pour ne pas devenir chèvre) !