Changer de voie : courage ou inconscience ?

Publié le 19 Juin 2015

Quand je parle de ma reconversion professionnelle autour de moi, la réaction qui revient le plus est

C’est très courageux !

De mon côté je ne vois les choses sous cet angle. Ce qui serait courageux, de mon point de vue, serait de rester où je suis. J’en parlais déjà la dernière fois, ce serait au-dessus de mes forces de continuer sur cette voie. La sécurité de mon emploi et un rythme de vie plus que confortable, ces arguments ne suffiront pas à me convaincre de demeurer derrière mon écran. Parce qu’il me manque l’essentiel : l’épanouissement, la passion, l’enthousiasme.

Je suis de nature spontanée à tendance impulsive. Il parait que les béliers foncent tête baissée, ça doit être ça. Mais quand je sens qu’une situation m’est préjudiciable, je fais tout pour en sortir. Pas au point de papillonner systématiquement non plus. D’ailleurs si on faisait un film de ma vie, il n’y aurait finalement pas beaucoup d’action, pas tellement de rebondissements. Disons que les changements sont d’abord intérieurs, réfléchis. Un film intello profondément chiant en somme. Mais une fois qu’une décision est prise, il est difficile de me faire revenir en arrière. Et ceux qui me mettraient des bâtons dans les roues en prendraient pour leur grade.

Pour en revenir à mon job, je crois que j’ai fait le tour de la question. Après un changement d’employeur, de domaine d’application, de façon de travailler, je suis aujourd’hui certaine que cette voie-là n’est définitivement pas celle dans laquelle je m’épanouirai. Quatorze ans à essayer, c’est plus que de raison. D’ailleurs on m'a dit un jour qu’il serait certainement plus efficace de faire autrement que de continuer à faire quelque chose qui ne fonctionnait pas. Très bon conseil au demeurant.

Changer de voie : courage ou inconscience ?

Je suis donc dans une démarche de réorientation. Sur le papier, et surtout vu les pistes que j’explore, j’aurais gros à perdre. En revenu d’abord. En expérience bien-sûr. En temps familial, certainement. En confiance en moi, potentiellement. Lorsque je me lancerai, je me doute qu'il y aura  un certain nombre de détracteurs et bien-pensants qui ricanneront plus ou moins discrètement. Ils argueront  évidemment que je ne mesure pas tous les risques que je prends, pour moi mais aussi pour ma famille. Ils me prédiront probablement l’échec et le retour vers mon dernier employeur la queue entre les jambes.

Et quand bien même je me plantais ? J’ai besoin de me frotter à la réalité de mes ambitions. J’ai besoin d’adrénaline, d’ambition, de dépassement de moi. J’ai envie d’avancer, même si ça suppose des obstacles. A rester sur place, je m’étiole. Je n’ai jamais eu de plan établi sur vingt ans qui me préciserait quoi faire, quand, comment et dans quel but. Je n’ai pas peur de l’avenir, des difficultés à surmonter. J’ai été vernie jusqu’ici et c’est peut-être ce qui me donne des ailes, mais je préfère croire que le meilleur est devant moi. Toujours. Je ne suis rien qu’une grande rêveuse dans l’âme, qui cherche à concrétiser ses songes autant que possible.

Alors maintenant je prends le taureau par les cornes (encore un signe astro !) et je me donne les moyens. Je ne vais pas tout lâcher du jour au lendemain, je remplis d’abord mes valises afin d’être bien équipée. Je me renseigne, je teste, j’évalue. En un mot, j’enquête. Je crois que ce blog n’a jamais si bien porté son nom ! Et tu sais quoi ? C’est plutôt grisant comme enquête. Me mettre dans la peau d’un autre professionnel pour imaginer son quotidien. Vérifier que mes pistes sont en adéquation avec ma personnalité, mes valeurs, mes besoins. Me permettre de creuser des pistes exotiques, juste pour vérifier qu’elles ne sont vraiment pas envisageables et ne rien regretter par la suite.

Aujourd’hui je suis une fillette de dix ans, qui joue au docteur, au pilote ou à l’institutrice. Qui ne m’interdit rien, surtout pas de rêver. Qui fait simplement le tri entre les utopies et les possibilités. Alors non, pour l’instant je ne sais pas de quoi demain sera fait, et non, ça ne m’inquiète pas. Au contraire. En prenant ainsi ma vie en main, j’ai une sensation de liberté absolue. Celle de naviguer dans ma propre direction, sans me laisser dériver par le courant. Et comme me le disait une professionnelle que j’interrogeais

Je ne connais pas mon avenir, mais ce qui est sûr c’est que ce sera top !

Et quoi qu’il arrive, je ne regretterai pas d’avoir essayé. Rien que d'assister aux changements qui s’opèrent en moi en ce moment, ça vaut le coup. Vraiment.

 

Origine image

Rédigé par Aloès

Commenter cet article

Happy Ever After 19/06/2015 10:05

J'ai changé déjà plusieurs fois d'orientation professionnelle... Sans regrets ! La comme on essaye de partir de la région parisienne, cela impliquera encore surement un changement... Mais c'est bien ! Evidemment au bout de quelques années on a fait un bon tour du job dans lequel on est... Lassitude, moins d'envie, routine... Cela fait du bien aux neurones de repartir ailleurs et comme tu le dis, c'est excitant, et gratifiant ! :) Bon courage !

Aloès 26/06/2015 10:33

Mince, je t'avais répondu mais mon com n'apparait pas :/
J'essaye justement de tenir compte du paramètre routine en cherchant un job qui se renouvelle sans cesse, on verra bien ce que ça donne ! Bravo à toi pour ces différents virages, c'est important de savoir rebondir et ce n'est pas donné à tout le monde ;)

malise 19/06/2015 09:17

Je serais mal placée pour te dire que tu fais une bêtise! ;) J'espère que ton bilan de compétences se passe bien, d'après ce que je crois comprendre tu as du le commencer... Alors, des pistes sérieuses? Bisous.

Aloès 19/06/2015 10:18

Hé oui, copine de virage professionnel ;) Oui j'ai des pistes et je creuse un maximum ! Ce qui est sûr c'est que la reconversion sera totale, tout comme toi ! Tu n'en sauras pas plus pour l'instant :p