Gérer ses émotions

Publié le 1 Juillet 2015

Je suis un ballon qui risque d’exploser à chaque instant.

Je suis cette coupe qui va déborder à la prochaine goutte d’eau.

Je suis cette fille qui disjoncte régulièrement.

pixabay.com

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Si j’arrive à me contenir en société, une fois rentrée dans mon cocon familial, ce sont les miens qui font les frais de mes éclats, principalement mes enfants (tant qu’à être class, autant l’être complètement). 

Je sais bien que ce processus est naturel, il est parfaitement expliqué par le ballon émotionnel. Ma particularité est simplement que la part des émotions est presque toujours plus grande que celle de l’intellect. Alors régulièrement, ça fait des étincelles, d’autant plus que je n’ai pas souvent quelqu’un sous la main pour pratiquer l’écoute active sur moi.

Le problème c’est que, dans ces cas-là, je fais tout l’inverse de ce que je prône. Je n’ai aucune patience, aucune empathie et aucune retenue. Ce qui sort de ma bouche est juste à l’opposé des messages que je cherche à faire passer par temps calme. Ces réactions sont plus fortes que moi. Et si j’essaye de les réprimer, elles finissent par sortir quand même, puissance dix. La fameuse carte de fidélité. Inéluctable.

Si j’ai appris à ne plus (trop) tomber dans la culpabilité, j’ai en revanche du mal à trouver des solutions concrètes parce que tout cela est contre-productif à souhait. D’un côté je mets en place des méthodes bienveillantes, pendant que de l’autre, je les saborde allègrement.

Mon dilemme est donc de ne pas réprimer cette colère, mais de la laisser sortir de façon adéquate, pas en mode défoulement sur mes plus-si-minis qui n’ont pas mérité ça. Trop facile. Ou pas.

Lorsque je sens la moutarde me monter au nez trop souvent, je prends ça comme une sonnette d’alarme et je m’organise fissa une sortie en solo. Une brasse coulée suivie d’une séance de spa me fait généralement le plus grand bien. Mais parfois, c’est compliqué de caler quelques heures dans un planning déjà bien rempli. Parfois la fatigue s’abat sur toute la maisonnée et le degré d’irritabilité est tellement élevé qu’il est difficile d’en sortir indemne, même après un moment de répit. Parfois, c’est justement dans cette période-là que je dois gérer des soirées ou un week-end en maman solo.

Dans les moments-là, toutes les belles et grandes théories qui me font de l’œil habituellement, m’apparaissent bien inaccessibles et culpabilisantes. Je me sens déplorable de ne pas parvenir à les utiliser convenablement. Pourtant, c’est en lisant un ultime billet sur la communication non violente (CNV) que j’ai eu envie d’essayer quelque chose. Il m’est apparu que ce qui pêchait chez moi, c’était la mise à distance de l’émotion. Ce n’est pas nouveau d’ailleurs, je suis souvent en colère sans en saisir la cause. J’ai donc décidé d’appliquer le processus de la CNV sur moi-même.

Superbe infographie de Bloculus (bloculus.com)

Superbe infographie de Bloculus (bloculus.com)

J’ai donc commencé par identifier les faits, les cas concrets qui me font partir au quart de tour en ce moment. Je les ai regardés bien en face, avec honnêteté et franchise. Pour chacun d’eux, j’ai noté le sentiment précis qu’il suscitait en moi. Parce que derrière la colère se cachent d’innombrables nuances (tristesse, peur, angoisse, inquiétude, fatigue, confusion, incompréhension,…) qui expriment bien plus de choses. Ensuite je me suis creusée la tête pour associer les besoins qui se dissimulaient derrière. Et finalement, j’ai réfléchis aux solutions qui sont à ma portée pour satisfaire ces besoins.

 

Cet exercice peut paraitre fastidieux, mais il n’est finalement pas si compliqué. Il s’agit de se poser, de se regarder en face et de se dire les choses avec sincérité. Cela permet de ne plus se focaliser sur ce qui ne va pas, d’arrêter de ressasser ses sentiments négatifs, et de se donner les moyens d’aller de l’avant.

Et puis si j’arrive à mieux communiquer avec moi-même, ça devrait aussi me servir pour communiquer avec les autres, non ?

Rédigé par Aloès

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Au petit bonheur 01/07/2015 09:06

Comme je partage ce que tu vis...Cette coupe pleine prête à déborder, ce ballon prêt à exploser, et qui explose d'ailleurs. En ce qui me concerne, mon caractère quelque peu entier ne m'aide pas...La nuance est un apprentissage de chaque instant. J'aime beaucoup l'infographie que tu as mise, je crois que je vais moi aussi la mettre en lien sur mon blog, histoire de mieux la retrouver ensuite. Cela résume très bien les choses et en fait un outil facile à utiliser. Mille mercis !

Aloès 02/07/2015 08:38

Oui, un apprentissage de chaque instant c'est vrai, mais parfois on fait quelques pas en arrière et c'est un peu décourageant ! Merci à toi pour ton passage, c'est rassurant de savoir qu'on est plusieurs dans le même bateau ;)