Légèrement décalée

Publié le 7 Novembre 2015

Avant il me fallait être au bord du gouffre pour réagir et m'occtroyer une vraie pause salvatrice. Je ne savais pas identifier les gouttes d'eau avant que ne survienne celle de trop. J'étais incapable de m'extraire spontanément du quotidien pour me ressourcer à temps. J'explosais, plus ou moins fort, et seulement ensuite, je réagissais. D'ailleurs, d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu ce comportement si glamour de cocotte minute. Je ne prenais souvent conscience de ma colère et de ses origines qu'une fois qu'on m'avait un peu bousculée, poussée dans mes retranchements. Et ce comportement apportait son lot de culpabilité et de sentiments négatifs. Je voulais sortir de ce cycle infernal, mais je ne savais pas comment m'y prendre.

Aujourd'hui, j'ai trouvé comment utiliser la soupape. Et l'effet est tel, que je l'utilise très régulièrement, plusieurs fois par semaine, même lorsque tout va bien. C'est comme un refuge, dans lequel je peux me retrouver rapidement et confortablement, et que je suis toujours motivée à retrouver. Accessible, modulable à souhait, ressourçant. Au delà du fait d'y décharger mon fardeau émotionnel, j'y trouve aussi des réponses ou des pistes pour avancer.

Il peut prendre différentes formes, en voici une.

En fin de semaine, lorsque le temps s'y prête, et c'est particulièrement le cas cet automne, je passe du temps dans un parc non loin de chez moi. Parfois même en sortant du boulot, vu qu'il est sur ma route. Je me ballade, à pied ou à vélo, en profitant du paysage et en respirant à fond. Je laisse mes pensées vagabonder, j'ignore les négatives. Et puis je trouve un endroit sympa, un peu à l'abri du passage, souvent au bord de l'eau. Je m'assois et contemple mon environnement. J'écoute les oiseaux qui s'interpellent ou qui senvolent en nuées, je suis le courant du regard, je ressens le vent sur ma peau. Et je finis par fermer les yeux, toujours à l'écoute de chacun de mes sens, si ce n'est que la vue est remplacée par l'imaginaire. A force de ne rien faire, ou plutôt de laisser faire, je ressens un léger décalage. Comme si mon corps flottait un peu, comme si je n'étais plus tout à fait là. Entre l'éveil et le sommeil. Cette sensation peut parfois être déroutante, mais une fois apprivoisée elle est simplement idéale pour faire une véritable pause.

La vue depuis mon refuge improvisé d'hier

La vue depuis mon refuge improvisé d'hier

Moi qui suis sans cesse plongée dans les écrans et la musique, par choix, parce que jusque-là c'était mon mode d'évasion, je me rends compte maintenant que ça me tenait loin de moi aussi. Sans doute avais-je peur de mes pensées, de n'être confrontée qu'à des sensations négatives. Je ne m'écoutais pas. Je vivais par procuration, à travers les livres, les films, la musique. Je ne renie pas tout cela, j'aime toujours autant être plongée dans les aventures des autres. Pour autant, j'ai aussi appris à m'intéresser réellement à moi, à qui je suis, ce que je vaux, vers quoi je tends. Ca m'apporte de la sérénité, du bien-être, et de la confiance aussi.

Alors bien sûr, tout cela ne tombe pas du ciel. Je crois que mon bilan de compétences m'a aidé à me voir sous un nouveau jour, plus positif. A apprécier mes valeurs, à avoir envie de les entretenir. A avoir envie de prendre soin de moi autrement. Et puis les recherches faites pendant ces quelques mois m'ont permi d'ouvrir les portes d'un nouveau monde. Un monde rempli d'optimisme, de bienveillance, de changements. Un monde définitivement orienté vers mon équilibre personnel. Une vraie bonne alternative à toutes mes précédentes tentatives de décompression. J'ai pris le temps de lire des bouquins, plus techniques ceux-là, d'expérimenter avec des vidéos et des audios qui m'ont guidé, avant de me lancer en solo.

L'avantage avec cet état décalé, c'est qu'une fois qu'on l'a vraiment ressenti, il est ancré et on le retrouve chaque fois un peu plus vite, un peu plus spontanément. C'est un peu mon oxygène à moi, et force est de constater que je me laisse moins débordée par mes émotions depuis que je pratique. Je les sens davantage monter et je peux réagir avant de me laisser submerger, la plupart du temps. Et puis c'est aussi une super méthode pour s'endormir le soir, et ce n'est pas négligeable.

Rédigé par Aloès

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Wondermômes 10/12/2015 10:46

Ces balades me font également un bien fou. J'avoue, je ne pratique plus depuis un mois et la cocotte minute bouillonne à nouveau, surtout en ce période où j'ai 1000 choses à faire :-(

Aloès 10/12/2015 10:59

Surtout qu'avec le froid il faut se motiver doublement pour sortir ! La semaine dernière j'ai pu arpenter les rues de Paris et c'était chouette aussi !