Comment effrayer un nullipare en 3 minutes

Publié le 19 Juillet 2016

Qu’est-ce que tu fais de plus, sans tes enfants ?

Voilà la question que m’a posée un jeune collègue lorsque j’ai parlé de LA semaine de l’année sans enfant, en poussant un soupir de soulagement. Ce à quoi j’ai évidemment répondu :

Tu veux dire qu’est-ce que je fais de MOINS, plutôt ?

Devant son air dubitatif, j’ai commencé à énumérer toutes ces petites choses qui sont sorties de mon quotidien depuis quelques jours, et j’ai assisté, amusée, aux réactions de mon collègue juvénile :

 

- Pas de bain, ni de brossage de dents à gérer

- Ah bon, mais ils ne font pas ça tout seuls tes enfants ?

- Alors oui, effectivement, ils sont autonomes pour se laver seuls. Mais pas pour avoir l’idée de le faire. Et encore moins pour avoir envie de le faire. Si tu savais l'énergie et l'imagination qu'il faut déployer pour les inviter, les motiver, négocier, et insister pour qu’ils se dirigent vers la salle de bain. Surtout qu'en général, le truc qui marche un jour ne fonctionnera plus le lendemain.

 

- Pas de repas à préparer

- Ah bon, parce que vous ne mangez pas quand les enfants sont absents ?

- Si bien sûr, mais d’une façon complètement différente : sans horaire, sur le bar, devant la TV parfois, et surtout ça relève davantage d’un apéro dinatoire impromptu que d’un véritable repas complet et équilibré. Tout ce qui est interdit d'habitude en fait. Et quand le frigo commence à résonner tellement il est vide, on trouve encore le moyen de faire deux ou trois frichtis avant de passer par la case Supermarché. Dans lequel on choisira davantage de rosé que de yaourts d’ailleurs. Oui mais bon, il faut bien s’hydrater aussi, non ?

 

- Pas de coucher à encadrer

-  ??

- Ah oui, parce que tu crois qu’un môme, il lui suffit d’un baiser sur le front pour qu’il aille gentiment se caler dans son lit jusqu’au petit matin ? Ça c’est encore une légende urbaine qui circule chez les nullipares. Au mieux il faudra leur courir après pour les conduire dans leur lit et leur lire un conte qu’on connait par cœur (et eux aussi, donc pas question de sauter une page ou même une ligne). Au pire, après être passé déjà 5 fois leur demander d’éteindre parce que, quand même, tu vois, là il est vraiment très tard, se rendre compte au moment où on va nous même se coucher, que le rayon de lumière est toujours là sous leur porte.

Comment effrayer un nullipare en 3 minutes

- Pas d’interruption dans mes activités

- Euh, tu m’expliques ?

- C’est simple et dingue à la fois ! Disons que je peux m’octroyer une période de plusieurs heures pour faire ce que je veux sans interruption ! Non mais plusieurs heures, tu te rends compte ?! J’ai pu me coudre une jupe en un seul après-midi, regarder deux films dans la même journée, finir deux bouquins dans la même semaine. D’habitude il me faut bien deux mois pour faire tout ça !

 

- Pas de rangement à l’infini

- Tu veux dire dans leurs chambres ?

- Je veux dire dans les pièces communes. Pas de cartable, blouson, chaussure, chaussette, choses indéfinissables qui trainent entre la porte d’entrée et le canapé du salon. Pas de gilet perdu, de casquette introuvable, de bille égarée. Tout a été évacué vers leurs chambres dès les premières minutes qui ont suivies leur départ. Et depuis, tout est resté net, nickel, rangé. Toute la semaine. Incroyable, je te dis.

 

- Pas de réveil matinal le week-end

- Ah oui, ben là, je vois très bien.

- Je doute que tu y sois vraiment. Imagine que ce dimanche, on s’est réveillé à plus de 11h. Un truc de fou. C’est un horaire qui te semble correct ? OK Bon, maintenant tu veux savoir depuis quand ça ne nous était pas arrivé ? Facile, c’était en 2005. Voilà, là tu y es. Ferme la bouche, ça dégouline là.

 

Alors bien sûr, ils reviennent dans quelques jours et la maisonnée va revivre joyeusement. Evidemment, nous serons ravis de les retrouver, de les écouter nous raconter leurs vacances sans nous, de les câliner, de se chamailler avec eux à nouveau. De retrouver nos rôles de parents en fait.

Mais en attendant, le mot d’ordre est simple : profiter un maximum.  Parce que la prochaine fois, ce ne sera pas avant un an. Et encore, si on a de la chance.

Rédigé par Aloès

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La Carne 17/12/2016 09:10

Nous avons eu 10 jours sans enfant l'été dernier. Le pied! On a profité à fond à fond à fond! :)