Je ne te parle pas de tout

Publié le 9 Février 2015

Je me mets à nu régulièrement par ici, dans les moments joyeux et les plus difficiles.

Je te conte mes cris, mes doutes et mes espoirs. Je me livre sans doute plus qu’à tous mes amis réunis.

Il reste pourtant de nombreuses  zones d’ombre, des choses trop pudiques. Certaines me brulent les lèvres, me brulent les doigts. Des parties de moi qui mériteraient d’être tapées sur le clavier. De les faire ainsi sortir me permettrait d’évacuer, d’éclaircir, de digérer.

Sauf que la Toile est infinie et pourrait avoir des conséquances redoutables. Le Web est intemporel et ce que j’y écris aujourd’hui pourrait bien revenir comme un boomerang dans un mois, dans un an.

Je voudrais te parler de lui, d’elle, d’eux. Sauf que certains sont discrets et souhaitent le rester. Et que d’autres ne sont pas au fait de ce blog, et pourraient tomber de nues que je parle d’eux ici, en public.

Bien sûr, je reste anonyme. Pour l’instant du moins. Jusqu’au jour où mes deux identités se croiseront d’un peu trop près. Jusqu’à la boulette ou la volonté qui fera tomber le voile.

Pourtant j’écris sur les plus-si-minis. Et ça pourrait leur porter préjudice de la même façon. C’est vrai, je me pose souvent la question du bien fondé de mes écrits. Liront-ils ces écrits plus tard ? Me les reprocheront-ils ? Feront-ils écho à leurs souvenirs d’enfance ou découvriront-ils une maman tellement loin de celle qu’ils côtoyaient ?

Et puis je relativise en pensant d’abord au bien que ça me fait, au bien que ça NOUS fait. A eux et moi, à notre relation. Ces mots alignés ont été salvateurs, guérisseurs, apaisants. Ils ont relancé les espoirs, écarté les doutes, ramenés à l’essentiel. Comment se passer de ça ?

Je ne te parle pas de tout

Et secrètement, j’espère aussi que, peut-être, un jour, ces même mots pourraient faire écho à d’autres, qu’ils pourraient les aider, un tant soit peu. J’ai eu quelques retours dans ce sens, notamment avec Mère Lacunaire. Dans ce monde qui prône la réussite, l’excellence, il est parfois tabou de reconnaître ses difficultés, ses échecs. Je vais clairement à contre-sens et c’est à la fois ma force et ma fierté. Toute en sensibilité et fragilité.

Grâce à Aloès, je souhaite montrer d’autres facettes de moi. Partager mes réflexions, mes essais/erreurs, mes cheminements vers le meilleur. Je voudrais disséminer des débuts de pistes, sans conseil ni jugement. Surtout sans jugement. Seulement être l’exemple concret de comment on peut faire autrement, quand on est persuadé que c’est la meilleure chose à faire. Malgré les imperfections, les maladresses. Grâce à la détermination, l’optimisme, la confiance. Confiance en soi, confiance en l’autre. Pourtant Dieu sait que j’ai du boulot dans ce sens. Mais j’en ai conscience, et petit à petit, l’oiseau fait son nid.

Passer par ici m'a aidé à lever certaines barrières que je m’étais mises avec le temps. Il en reste quelques unes et j’ai pris conscience qu’elles ne sont pas des protections comme je l’imaginais. Je me sens plus forte au fur et à mesure qu’elles tombent, même si je suis plus exposée, moins à couvert. Ce blog me le prouve chaque jour, je ressens moins la nécessité absolue de l’anonymat, si ce n’est pour préserver mes enfants. Mais il me reste quelques quêtes, et il en restera toujours, ne serait-ce pour me faire avancer, me fait grandir.

Peut-être qu’un jour j’oserai poser des mots dessus.

Peut-être qu’un jour je vous parlerai d’elles.

Peut-être qu’un jour je vous parlerai de Lui aussi.

Rédigé par Aloès

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teparlerdemavie 11/02/2015 11:58

Je viens de m'abonner pour suivre ton blog, il y a beaucoup de choses qui me parlent (et je ne te parle même pas de cette chanson de goldman -d'où le nom de mon blog-) Bravo pour ce blog.
Bise

Aloès 11/02/2015 14:30

Merci !! Moi aussi j'ai été interpellé par tes billets, je manque de temps pour aller farfouiller dans ton blog mais je le trouverai ;) A bientôt alors !